Syria in my mind

 

 

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2000 ولد و15 ناشطاً يستعيدون سوريا التاريخ والسلام

مي عبود أبي عقل
13 آب 2015

الارهاب العالمي في بلدهم وحوله، ترك حطاما وخرابا، فهجروه وفي قلوبهم حزن كبير، وفي عيونهم يلمع العذاب والخوف. ملايين من اولاد سوريا وشبابها لاجئون في البلدان المجاورة، وفي ذاكرتهم مطبوعة صور الدمار الذي هدم بيوتهم ومعالم تاريخهم وشواهد حضاراته. ولكي يستعيدوا صورة بلدهم الجميلة وتراثها العريق تنفذ “جمعية بلادي” مشروعا تموله منظمة “اليونيسيف” بادارة جمعية (AVSI) الايطالية، في 7 مراكز تأهيل تابعة لها في جونية وصيدا والنبطية والخيام ومرجعيون

وتوضح رئيسة “جمعية بلادي” جوان فرشخ بجالي لـ”النهار” ان المشروع “يهدف الى تعريف الاولاد اللاجئين السوريين على خريطة بلدهم الأم سوريا التي هجروها ويجهلونها، وتكوين صورة ايجابية في رؤوسهم عن بلدهم تؤكد انه ليس فقط ارض حرب، بل هو ارض حضارات يفخرون به، ويتوقون للعودة اليه بشوق. وعند رجوعهم سيحافظون على المعالم التي تعلموا عنها ويحمونها، فلا يعودون غرباء عن وطنهم”

الاول في العالم
“سوريا ببالي” هو المشروع الاول في العالم الذي يستخدم الآثار لتعريف اللاجئين على بلادهم، ويربطهم عبرها بأرضهم الأم. بين أيار وآب الجاري 2000 ولد تراوح اعمارهم بين 5 و15 عاما، اتوا الى مراكز جمعية (AVSI)، حيث كانوا يمضون 5 ساعات يوميا لمدة 4 أيام، يتعرفون خلالها الى خريطة سوريا وجغرافيتها وآثارها، وتعلموا موسيقى واغنيات من تراثها
وتقول جوان: “وضعنا برنامجا تعليميا مدته 4 ايام، نبحر خلالها في رحلة في سوريا عبر مواقعها الاثرية. وقسمناها الى 4 مناطق: الجنوب، الوسط والبادية، الساحل، والشمال. في كل يوم يدرسون جغرافية احدى المناطق بسهولها وهضابها وجبالها والبادية، ثم نضيف اليها حيواناتها ونباتاتها، فيستوعب الولد كيف تؤثر البيئة على الحيوان والنبات. على الارض نفرش خريطة سوريا التي نسوا شكلها او لا يعرفونها، وقد وضعت عليها مجسمات الحيوانات والمواقع الاثرية، بطول 3 امتار ويجلسون حولها، ويتنقلون بين مناطقها بسيارة لعبة، فيتفاعلون مع الخريطة، ثم يبدأ العمل على موقع اثري محدد في كل منطقة، فيضعون عليه معالمه الاثرية المصنوعة من الخشب والكرتون، ويدرسونه بتفاصيله الهندسية المعمارية، فيعلق بذهنهم. وقد اخترنا 6 مواقع اثرية هي: مسرح بصرى، دمشق القديمة، تدمر، قلعة الحصن، قلعة حلب، ونواعير حماه. وركزنا خصوصا على القلاع التي تدمر وتتعمر مرات عدة ما يجد لديهم الأمل في العودة واعادة الاعمار”
وتلفت فرشخ الى اننا نتبع “مع الاولاد اللاجئين طرق تعليم حديثة جدا تعتمد الاساليب اللاصفية، لأن اللاجئ حساس جدا تجاه موضوع بلده، ولا يمكن ملامسته بالطريقة البدائية العادية، بل يجب الولوج اليه عبر برنامج تعليمي لاصفي يعتمد مبدأ الصور، لأن 90% من الاولاد أمّيّين. وانتجنا وثائقيا مدته 10 دقائق نعرضه لهم ويريهم سوريا قبل الحرب التي لم يروها ولم يعرفوها، لتترسخ في ذهنهم صورة البلد المزدهر والجميل والعريق. ويشارك المدير العام للآثار والمتاحف في سوريا الدكتور مأمون عبد الكريم في الشرح عن المواقع الاثرية، وهو المشرف العلمي على المشروع . وفي اليوم الاخير يأتي حكواتي سوري يروي قصة المناطق عبر شخصيتي كركوز وعواظ. وفي ختام كل يوم تقام “حفلة من سوريا” يتعلمون خلالها اغنيات من التراث السوري اعاد الناشطون كتابة كلماتها
والناشطون هم 15 طالباً جامعياً سورياً، خضعوا لدورة تدريبية في “جمعية بلادي” في لبنان خصيصا لهذا المشروع، و”كانت مهمة شاقة في البداية ان يستعيدوا هم سوريا قبل الحرب، فلم يكن باستطاعتهم الغناء، كانوا يغصّون ويبكون”
ليست المرة الاولى التي تقيم فيها “جمعية بلادي” مشاريع اثرية للاولاد، وخبرتها في هذا المجال تمتد على عشر سنوات مضت وطالت 30 ألف ولد في المتاحف والمواقع الاثرية، بهدف تحويل المادة العلمية الاثرية الى مادة تعليمية للاولاد. والمشروع الحالي مع الاولاد اللاجئين السوريين هو خطوة الى الامام، على أمل اقامة مشروع مماثل مع الاولاد اللبنانيين ليتعرفوا الى بلدهم
مواقف عدة يعيشها الاولاد فيسألون الناشطين ابناء بلدهم، هل صحيح ما تخبروننا اياه؟ هل سوريا جميلة الى هذا الحد وفيها كل هذه العظمة؟ وبألم يتساءلون، متى سنعود اليها؟ وأتى مشروع “سوريا ببالي” فسحة قصيرة تسمح للّاجئ القول “انا سوري وافتخر بذلك”، ومحطة امل ترد له كرامته وقيمته الانسانية والامل في العودة
وبعدما كاد الاولاد ينسون وطنهم ولا يعرفون عنه سوى انه بلد الحرب والعنف ويسألون انا من أين، والى اين اذهب؟ واين ارضي؟ عادت سوريا التاريخ وبلد المواقع الاثرية التسعة المدرجة على لائحة التراث العالمي حية في ذاكرتهم. وعند الوداع قال احد الاولاد للمدرب “بكرا بس روح على سوريا رح اتصور قدام بوابة حلب وابعت لك الصورة”. هل يتحقق حلم هذا الولد بالعودة؟ ومتى؟

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Faire revivre aux petits réfugiés syriens au Liban leur pays perdu

Julien ABI RAMIA | OLJ

 

À les voir danser et chanter à tue-tête, dans la cour située derrière l’église Saints-Constantin-et-Hélène (des pères paulistes), à Jounieh, on a du mal à croire que ces dizaines d’enfants syriens, âgés de 5 à 15 ans, ont fui leur pays en guerre.
Pendant quatre jours, dans une ambiance de colonie de vacances, ces petits réfugiés redécouvrent leur pays… en jouant. Ils suivent un programme pédagogique complet baptisé « Syria in my Mind » (« La Syrie dans mon esprit »), pensé et mis en œuvre par l’ONG libanaise Biladi, spécialisée dans la protection et la promotion du patrimoine. Le programme est piloté par la fondation italienne Avsi, dont Biladi est partenaire, et financé par l’Unicef. Le but est de recréer un lien, autre que celui de la peur et des larmes, entre ces petits réfugiés et leur pays d’origine.

« Mais attention, ici, on ne prononce jamais le mot “réfugié”, explique Joanne Farchakh Bajjaly, la présidente de Biladi, interrogée par L’Orient-Le Jour. Le programme “Syria in my Mind” vise d’abord à les extraire à leur condition actuelle. Ils ne sont pas réfugiés ou rejetés, ils sont syriens », précise-t-elle.

Le programme s’est considérablement développé depuis sa mise en place il y a plus d’un an. Au début du projet, le programme ne durait qu’une seule journée. Aujourd’hui, il s’étale sur quatre jours. L’accent est toujours mis sur le patrimoine et l’héritage culturel de la Syrie, mais au fil du temps, et grâce à des moyens plus importants, le projet a pris de l’ampleur. Aujourd’hui, un plus grand nombre de bénévoles sont au service de plus d’enfants. « Nous avons accueilli 2 000 enfants au total, venus de plusieurs régions du Liban », indique Joanne Farchakh Bajjaly.
Selon les derniers chiffres diffusés, fin août, par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), le Liban accueille plus de 1,1 million de réfugié syriens. Près de 52 % d’entre eux ont moins de 18 ans, selon la même source.

Dans l’un des ateliers mis en place dans le cadre du programme, les enfants sont assis autour d’une carte géante de la Syrie sur laquelle sont représentés les principaux sites historiques, culturels et archéologiques du pays. Sur la carte sont disposés une petite voiture et un gros dé dont chaque face comporte une photo des sites. Le but du jeu est simple: se déplacer sur la carte avec la voiture, après avoir lancé le dé.
Mais pour les petits réfugiés, ce jeu a une véritable importance symbolique. « Les deux premiers jours, les enfants nous soutenaient mordicus qu’il était impossible de bouger sur la carte parce qu’il y a Daech (l’acronyme arabe du groupe État islamique). Ce sont les moniteurs qui déplaçaient la voiture. Mais à la fin du programme, les enfants comprennent qu’il est possible de se déplacer et bougent eux-mêmes sur la carte, explique la présidente de Biladi. Avec ce jeu, on leur explique que la Syrie n’est pas qu’un pays en guerre où l’on se terre chez soi ou que l’on fuit, poursuit-elle. La vocation pédagogique devient dès lors évidente. »

« Une image différente »
Dans le bâtiment servant de dortoir attenant à la cour, d’autres ateliers ludiques ont été mis en place. Dans une salle, des pièces en bois sont disposées sur le sol. Dalia, une jeune monitrice syrienne, demande aux enfants de construire le monument de leur choix. Un premier groupe construit la citadelle d’Alep, un autre le donjon de Safita. Dans une seconde salle, Louaï, un autre moniteur syrien, explique aux enfants le fonctionnement de la noria de Hama. Dans une troisième, une vidéo montrant les principaux sites antiques de Syrie est projetée aux enfants qui regardent attentivement.

« Nous voulons montrer aux enfants une image différente de la Syrie en guerre qu’ils ont connue, insiste Mme Farchakh Bajjali. La Syrie est un pays avec une longue histoire, des sites archéologiques et des paysages extraordinaires. Nous pensons que le vecteur culturel est le plus approprié pour leur redonner une image positive de leur beau pays et de son trésor culturel », ajoute-t-elle, précisant que « même avant le déclenchement du conflit, beaucoup d’enfants ne s’étaient jamais rendus sur les sites que nous leur montrons ».

À la fin de la journée, tous les enfants sont conviés dans la cour pour une petite fête, au son de la derbakké. « Cette fête est un rituel, explique la présidente de Biladi. Nous avons modifié les paroles de plusieurs chansons enfantines et folkloriques de façon à ce que leurs paroles se rapportent à la Syrie. »

À l’aspect ludique de ce programme, s’ajoute la volonté de participer à une forme de reconstruction psychologique des enfants. « Le regard de ces petits exprime une véritable souffrance. Nous avons effectué plusieurs expérimentations et nous nous sommes rendu compte qu’avec ces activités récréatives, leur regard changeait, explique Josiane Khalifé, responsable des opérations chez Avsi. Nous considérons que notre programme constitue une préparation à un retour chez eux. »
L’ensemble de ce programme est d’ailleurs animé par des volontaires de l’ONG syrienne Syrian Eyes, de jeunes universitaires qui ont, eux aussi, été forcés de quitter leur pays. « Il était très important pour nous que ce soit des Syriens qui parlent de la Syrie à leurs concitoyens », explique la présidente de Biladi, assurant qu’« aucun discours politique ou confessionnel n’est tenu ».

Assise en retrait, Maha Saadé, visiblement émue, observe les enfants. Cette Libanaise est volontaire depuis le lancement du projet. « Mon époux et moi sommes propriétaires d’un hangar. Lorsque les premiers réfugiés sont arrivés au Liban, j’ai commencé à en accueillir certains et à les installer dans le hangar, au grand dam de mon mari. Je les logeais et je les nourrissais. Lorsque j’ai eu vent du projet, je me suis tout de suite portée volontaire et, depuis, je les accompagne tout le temps », raconte-t-elle. « Le sort qui est réservé aux réfugiés syriens est terrible, reprend Mme Saadé. Ils n’ont rien demandé, les enfants, encore moins. Nous ne faisons que les aider. »
« Notre pays a, lui aussi, traversé une guerre. Et nous savons que le conflit syrien aura un jour une fin », renchérit Joanne Farchakh Bajjaly. Forts de cette conviction, au Liban, on prépare les enfants syriens au retour.

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